Ca y'est, le blog est (enfin) en ligne.
Lisa en Finlande. Lisa a 3215km d'Annecy et a 150km du cercle polaire. Et oui, chaque jour, je me demande "pourquoi ici?" même si chaque jour me donne une bonne raison d'y vivre.
Le fait est que mon association Rotary, ne m'a pas laisser beaucoup de choix quant au pays où je voulais vivre pendant un an. Parce que j'avoue, franchement, c'était pas la Finlande qui me venait à l'esprit en pensant à une année d'échange. On s'imagine plutôt le soleil, l'énorme décalage horaire, un pays lointain et une langue parlée par des millions de personnes. Un pays convoité quoi.
Alors ce tout petit pays là, au nord, qu'on aurait tendance à situer dans la Russie ou qu'on confond souvent avec l'Island (Promis c'est vrai, des personnes m'ont même demandé de faire attention aux volcans...), j'aurais jamais penser y vivre.
Qu'est-ce que je savais de la Finlande avant? En quelques mots: Neige, Nuit, Blonds, Rennes, Père Noël... Dans ma tête, j'imaginais même ce pays tout blanc, peuplé de 5 millions de petits lutins en chaussettes de laine rayés et qui parle une espèce de langue Elfique (un peu comme dans le Seigneur des Anneaux quoi).
Mais qu'attend-je de cette année d'échange? Une transformation.
Je reste persuadé que voir d'autres pays, voyager et apprendre sont les meilleurs façons de s'épanouir et de s'ouvrir aux autres. Je ne pense pas être fermée d'esprit mais j'avoue parfois mal juger certaines personnes ou certains actes que je ne comprend pas ou que je pense contraire à mes convictions. Apprendre à accepter des différences et à accepter un autre mode de vie, c'était ça mon but. Alors pourquoi vouloir absolument partir aux Etats Unis, en Australie, au Canada..., alors que n'importe quel pays en dehors du mien est déjà bien différent?
La Finlande fera l'affaire donc. Même si, dans un premier temps, je ne reste pas convaincue.
En mars dernier, le verdict tombe enfin: Je pars bien en Finlande, à Oulu exactement, quatrième plus grande ville de Finlande, presque 300 000 habitants (ouf! Sauvée, je ne vais pas vivre dans un hameau de 30 habitants en pleine forêt).
Je crois qu'avant mon départ, je ne me rendait pas vraiment compte que j'allais partir et tout quitter pendant un an. Il faut dire qu'il y avait d'autres priorités avant (le bac étant un petit détail...)
Et puis les résultats du bac sont tombés. Admise du premier coups avec étonnement et gros soulagement. Je peux maintenant penser sereinement à mon départ et m'atteler à cette lourde tâche: faire mes valises. Emballer ma vie entière dans un mètre carré et quelques sacs. J'aurais voulu tout prendre avec moi: ma bibliothèque, mes vingt cinq sacs à mains et mes trente deux pairs de chaussures. Même mon cadre de deux mètres carré de Marilyn juste parce que je l'adore. Mais je me rend à l'évidence et me restreins le plus possible. Et aussi surprenant que cela puisse paraître (pour ceux qui me connaisse bien) j'ai su être raisonnable en emmenant seulement ce qui me serait utile. (ce qui n'a pas empêcher de payer un gros surplus de bagages...)
A J-7, je commence les adieux à mes amis. J'ai souvent envie de pleurer mais un ami me dit "Si tu pleure autant maintenant en nous quittant qu'est-ce que ça va être dans un an en revenant, puisque nous, tu es sûre de nous revoir, alors que ceux avec qui tu va devenir ami là-bas, en les quittant, tu ne sera pas sûre de les revoir". Sage réflexion, je peux leur dire au revoir le cœur plus léger.
J-1, Mamie vient s'assoir sur mes valises pour m'aider à les fermer. J'ai trois valises, deux sacs et mon ordinateur. (A ce moment là, tu n'a pas le droit d'avoir oublier une culotte...)
C'est partie.
Genève Aéroport. Adieux rapide, mais difficile quand même. Et je songe même, une fois installée dans l'avion, à courir dans l'allée pour retourner à l'aéroport. 1H30 de vol pas très joyeux jusqu'à Francfort où j'ai un changement d'avion. Après avoir couru 30 minutes sans m'arrêter dans les looong loooong couloirs de l'aéroport de Francfort (Si tu a envie de faire du sport sans t'en rendre compte, il te suffit de naviguer de la porte G à la porte A et tu aura déjà parcouru 9km...), j'arrive à ma salle d'embarquement où déjà une quinzaine d'autres étudiants d'échanges (reconnaissables à leurs blazer du Rotary), attendent déjà. Je commence à sympathiser avec des canadiennes et des américaines aux têtes complètement explosées par la dizaine d'heures de décalage horaire (mais souriantes quand même). Nous reprenons donc l'avion pendant 2h jusqu'à Helsinki où nous sommes directement acceuillis par les 39° et une fumée horrible au point de douter que nous sommes bien en Finlande. (Nous apprenons plus tard que la fumée est en fait celle de la Russie victime de la canicule cette année).
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